Retour sur la glace

[Avant de lire ce billet, nous t’invitons, cher lecteur, à lire celui-ci.]

Qui aurait dit qu’un jour, les rôles seraient inversés. Que du haut de mes 5 pieds 3, ce serait toi mon super-héros. Oh ! Bien sûr que j’aurais aimé que les rôles ne changent jamais, mais la vie en a voulu ainsi.

Je n’oublierai jamais cette soirée du 31 août. Le cœur battant la chamade, la nervosité avait envahi mon corps, et je devais contrôler mes larmes. J’espérais tant qu’elles soient de joie et non de peine pour une fois.

Et voilà, la porte de la patinoire s’ouvre. Je te cherche des yeux. Je ne te vois pas. Mon cœur se serre. Je te crois encore dans la chambre d’hockey. Et non, te voilà, je te repère. Je suis fébrile, nerveuse, mais si fière d’être ta maman.

Cette fois, je ne peux te tenir la main. Je dois couper le cordon. Je dois faire confiance en la vie, celle qui m’a si souvent déçue. Je dois te laisser aller. Tu dois passer, seul, cette étape.

Mes yeux ne te quittent pas; tu t’élances, tu patines encore et encore. Tu saisis la rondelle, tu fais une passe. Je constate que tes mains sont aussi magiques qu’il y a un an et demi. Mes larmes de joie coulent sur mes joues toutes chaudes. Elles me font du bien, me libèrent. J’ai juste envie de me lever et de t’applaudir, car je comprends ce que tu vis. Je le sens, je le sais.

Enfin, la vie te redonne ce qu’elle t’a pris. En fait, tu reprends ce qu’elle t’a enlevé. Tu es si beau à voir, tu sembles reprendre confiance peu à peu. Tu sautes sur la glace comme avant; tu es à l’endroit qu’un jeune doit être. Bâton à la main, yeux rivés sur le jeu, tu es dans ton élément.

J’imagine la fierté que tu dois ressentir, car si elle est comme celle qui me porte, assise sur ce banc d’aréna, elle doit être immense.

Je ne cesse de me répéter au fond de moi à quel point tu es un guerrier et un combattant. Tu es d’une force et d’un courage incroyable pour un adolescent de 16 ans.

En fait, il y a un an et demi, ce n’est plus la porte de l’aréna que tu ouvrais avec le sourire aux lèvres, mais celle de ta chambre d’hôpital avec l’inquiétude au fond de tes yeux et la peur au ventre.

Ce n’est plus ta poche d’hockey que tu traînais sur tes épaules, mais le combat d’une vie, de TA vie.

Aujourd’hui, je ferme les yeux et je te revois sortir de la glace après ces magnifiques cinquante minutes. Fier comme un paon, le sourire fendu jusqu’aux oreilles, les étoiles dans les yeux, et le cœur heureux. Tu viens de te prouver que tu as repris les commandes de ta vie et que jamais rien ne t’empêchera d’être où tu désires être.

Anny Cloutier.jpg

Anny Cloutier

Crédit photo – Couverture

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