Dans un espace fantôme

J’ai peur qu’on ne soit pas sur la même page, toi et moi. Je nous vois loin, peut-être bien 6-7 ans plus loin. Je nous vois déjà gradués, logés, salariés, mariés et parents (d’enfants ou d’animaux). Je sais que ça peut faire peur, ça aussi. C’est pas tout le monde qui pense loin de même. C’est pas tout le monde qui sait à peu près ce qu’il veut, même pour le lendemain. On demande parfois aux gens s’ils veulent des enfants et, seulement à l’âge de 20 ans, je te dirais que je suis prête mentalement. Je sais que c’est quelque chose que je veux. Mais comment est-ce que je le sais? Ça, je ne le sais pas. Peut-être parce que j’ai trouvé la bonne personne avec qui partager cette expérience. Peut-être parce que je mature trop vite. Y’a pas d’autres mots pour décrire simplement que je suis prête à vivre ma vie avec toi. On me demandera bien pourquoi je veux me settle down tout de suite : parce que je t’aime, parce que je n’ai pas envie d’aller voir ailleurs, parce que je crois que tu es le genre de personne à me combler, à me compléter. Je ne serai pas la fille qui se dit : « Oh mon dieu, c’est TELLEMENT l’homme de ma vie, faut TROP que je le marie pis qu’on aille des enfants. » Voyons, j’ai pensé à mon affaire, j’ai eu d’autres fréquentations pour savoir ce que je veux.

Et c’est toi que je veux, pis tout ce qui vient avec.

J’ai tendance à projeter mes pensées dans un futur non existant, dans un espace fantôme. Il faut qu’il se crée de mes réalisations présentes. Et en ce moment, je ne m’y attarde pas assez. Je ne profite pas du moment qui passe, comme si ce n’était pas assez. J’ai envie de plus. Ce n’est pas toi qui n’est pas assez, c’est le temps. Je veux aller trop vite. Tu n’es pas rendu à avoir ce genre de relation : qui fait tout le temps des sorties de couple, qui visite la famille, qui planifie leur futur. Pis peut-être que moi non plus. Je deviens de moins en moins indépendante. J’apprécie encore mes moments seule, mais j’apprécie encore plus ceux avec toi. J’ai tout le temps envie d’être en ta présence, pas nécessairement parce que je n’ai absolument rien à faire chez moi. (Bon, peut-être un peu !) Je suis capable de m’occuper, mais j’aime être avec toi et être dans ton quotidien. Que tu sois en train de faire tes devoirs, de prendre une douche et que je sois en train de lire ou d’écouter un épisode de Gilmore Girls, j’aime le faire en ta présence. J’aime être avec toi, qu’on soit en discussion ou non. Je ne m’en lasse toujours pas. J’aime même faire du ménage avec toi, chose que je ne fais pas chez moi. Je le fais, parce que je t’aime. Je veux t’aider avec tes soucis, parce que je t’aime. Je m’intéresse à tes jeux vidéos, parce que je t’aime. Je m’intéresse à tout de toi. Parce que, et bien, je t’aime.

La plupart des gens me disent que notre relation peut ne pas durer, parce que nous sommes si jeunes. Je n’ai pas envie de les croire. J’aime me dire qu’on peut tout faire ensemble, si on s’aime. Ça sonne cliché, mais ça devrait être la vérité. Si on aime quelqu’un, on devrait être prêt à s’engager comme ça, peu importe le temps que ça peut prendre. Je me suis déjà demandée si j’étais vraiment amoureuse de toi. Tu sais, ça m’a pris quelque temps avant de te le dire. Je voulais être sûre. Maintenant, je me dis : « Ouain, c’est ça l’amour ! » C’est s’obstiner sur la cuisson de notre souper, c’est rire de l’autre (mais ensemble), c’est chatouiller l’autre entre les orteils juste pour le faire rire, c’est faire des compromis, c’est l’écouter, c’est s’obstiner sur les draps, sur le film, sur la chaleur de l’eau de la douche. C’est dire « ark«  lorsque l’autre pète, mais que tu trouves ça drôle pareil. C’est les p’tits bisous dans la file à l’épicerie, c’est les colleux lorsqu’on se lève au milieu de la nuit pour pisser. C’est s’envoyer des photos sur Snapchat de nous sur la bol.

Je t’ai déjà mentionné que j’aimerais aller en appartement avec toi, que lorsqu’on aurait les moyens de le faire, on pourrait partager un chez-soi. On s’imagine déjà notre vie future ensemble. On essaie de pas trop se faire d’attentes, mais on le sait bien qu’on serait heureux. On aurait deux chiens, une piscine creusée, une jolie maison moderne, mais pas trop moderne non plus. On aurait de belles autos, aussi. Mais les chiens, c’est ce qui revient le plus souvent. Pour toi, je pense que c’est ta façon de me dire que tu veux un futur avec moi.

Tu sais, j’ai peur de te dire tout ça. J’ai peur que cela t’effraie, et que tu te dises que tu n’es pas prêt pour ce genre de relation. Sache que je ne t’impose rien, que je ne te demande pas grand chose. Je souhaite que ça dure, toi et moi. Pour une fois, je suis avec quelqu’un qui m’aime de la bonne manière. Je ne veux pas d’une relation incertaine. Je sais que rien n’est coulé dans le béton. Je sais que tout peut arriver et changer. Je sais qu’on ne peut rien me promettre. Je te demande juste de m’assurer que je ne suis pas que de passage bref dans ta vie. Te rappelles-tu lorsque je t’ai demandé comment tu savais que tu aimais quelqu’un? Et que je t’ai dit que, pour moi, c’est lorsque j’avais envie de pleurer tellement l’amour est là? C’est ce qui m’arrive. Lorsque je pense à toutes les bonnes choses que tu m’apportes, j’ai le goût de verser quelques larmes, parce que je me dis : « Enfin ! »

Je sais qu’en ce moment, on ne peut rien faire de plus. On sait même pas avec quelle job on va se ramasser plus tard. On a de la misère à savoir ce qu’on veut individuellement, alors on va se contenter de rêver simplement. On ne peut pas se permettre de vivre ensemble non plus. On a des emplois d’étudiants qui ne payent rien. De toute façon, on a ton chez-toi à nous seuls pratiquement tout le temps. C’est comme si on vivait ensemble, sans rien payer. On va faire l’épicerie, on fait le ménage, le lavage et la vaisselle.

Je sais qu’en ce moment, on ne peut rien faire de plus. Et je te remercie de me le faire réaliser. Nous ne sommes pas totalement prêts à être tout le temps ensemble non plus. On a besoin de notre bulle, des fois. Je crois fortement que c’est bien qu’on ne force pas les choses. On serait malheureux. Mais je vis avec l’espoir qu’on s’y rendra ensemble, pis que même si ça marche pas, on aura été heureux pareil.

Merci, mon chum, d’être slow. Merci d’être réaliste, d’avoir les idées claires. Merci de me faire profiter de notre relation qui vit dans le présent et non dans un futur non existant, dans un espace fantôme.

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Dorothée Laberge

Crédit photo – Couverture

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