Lettre à mes parents

Papa, maman.

Du haut de mes dix-sept ans, c’est certain que j’ai une vue différente sur la vie que vous. C’est certain que je n’en ai pas vu autant que vous. Peut-être que j’en verrai plus; peut-être que j’en verrai moins. Le futur va nous le dire. Mais pour aujourd’hui, je veux vous dire quelques petites choses.

Premièrement, je veux vous remercier. Je veux vous remercier de ne pas m’avoir élevée tout croche. Merci de m’avoir forgée pour que je reconnaisse le bien du mal, autant dans mes actions que dans les autres. Merci de m’avoir élevée afin que je devienne une personne responsable, consciente du monde autour d’elle et avec un bon esprit. Ce n’est pas tous les kids qui ont cette chance-là.

Deuxièmement, je veux que vous sachiez à quel point je suis reconnaissante que vous ayez ouvert mes horizons, que ce soit en musique, en art, ou pour les gens que je fréquente. J’ai une ouverture d’esprit que plusieurs n’ont pas, et c’est grâce à vous.

Troisièmement, je veux vous remercier de m’avoir dit « non ». Merci de m’avoir empêchée de toujours avoir ce que je voulais dans l’immédiat. Merci de m’avoir appris la valeur de l’argent, pis de me faire apprécier le fait d’attendre avant d’avoir quelque chose. Le plaisir est juste plus grand.

Merci de m’avoir élevée avec de saines habitudes de vie, autant sur le plan de mon alimentation que dans mon mode de vie et mes relations avec les autres. Merci d’avoir fait de moi une personne socialement fonctionnelle. Il y en a plein qui n’ont pas eu la chance d’avoir du bon monde de même pour les élever.

Je sais que j’ai un caractère de marde. Je sais que je n’ai pas toujours été la plus gentille. Je sais que je vous ai désobéi. Je sais que je vous ai sûrement déjà déçu, aussi. Je n’essaie pas d’ignorer le fait que j’ai désobéi pis que j’ai déçu, mais au moins, je m’en rends compte.

Malgré tout ça, je suis fière de vous. Je suis fière que vous ayez pris le temps de m’avoir et de m’élever. Je suis fière de ce que je suis devenue. Est-ce que vous en êtes fiers, vous?

Je n’oublierai jamais d’où je viens. Je n’oublierai jamais mes racines, je n’oublierai jamais mon nom. Je n’oublierai jamais que mes yeux bleus, dans le fond, y viennent pas du voisin. (Mon caractère non plus, mais c’est une autre histoire !) Je n’oublierai jamais tout ce que vous avez fait pour moi. Vous en avez fait tellement… Je ne sais pas comment vous remercier assez. Je vous aime tellement, pis ça fait dix-sept ans de t’sa.

Merci d’avoir pris le temps de mettre un humain (en fait, trois) sur la Terre. C’est ben d’la job, pis je suis au courant. Même si des fois vous doutez de mes plans, faut que vous sachiez que j’ai toujours un plan B dans ma tête. Faut pas s’inquiéter avec ça.

Même dans les moments où ça va moins bien, je sais que vous êtes encore là. Je sais que vous allez être là pour m’écouter et me supporter, peu importe s’il faut remuer ciel et terre.

Même lorsque vous allez être ailleurs, que j’aurai vieilli, que j’aurai à mon tour mis des humains sur la Terre, je leur dirai une phrase que je me dis au moins une fois par jour, devant le miroir.

« Vous êtes des Caron, soyez-en fiers. »

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Dominique Caron

Crédit photo – Couverture

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