Hommage aux non-brassières

De toutes les libertés, ma préférée réside en le non-port de brassière, de ce cerceau qui enserre le cœur et forme des marques rouges sur la peau.

Puis, que dire de ce plaisir d’autant plus grand pour l’homme ou la femme qui saute l’étape oh-tant confuse qu’est de dégrafer le soutien-gorge. Même moi, même les femmes, devons se tordre les deux bras, exercer un pli de coude, une torsion de poignet – nullement naturels pour le corps – pour attraper l’agrafe, glisser les petits crochets de métal l’un sur l’autre, puis : la délivrance.

Un des multiples bénéfices de ne pas porter de soutien-gorge est la sensation de ton corps au complet, sans qu’un étau vienne t’enserrer le torse, puisqu’il le faut pour avoir de « belles boules ». Des ronds parfaits, dont il ne faut surtout pas voir les mamelons – va pour le reste de la peau. Le rosé, le pointu, sont-ils si terribles? C’est qu’ils pointent au sexuel, dit-on. Pas pour les hommes, cela dit, lorsqu’ils ont froid et qu’on voit. Les femmes ont droit aux montagnes, mais pas aux sommets.

Certes, le soutien-gorge est utile pour ne pas faire rebondir le tout en action, mais il existe des tops de sport, qui ne compriment pas en une mince ligne. Loin de moi l’idée d’écrire too much féministe, en employant la libération des seins comme symbole de l’émancipation des femmes; ceci est un hommage.

Un hommage à ce confort qui devrait, lui, être obligatoire, valorisé, pour toute pièce de vêtement.

Un hommage aux seins, comme aux mains, comme au nombril, parties de la beauté ponctuelle de chacun – moteur des mouvements.

L’érotisation des seins se trouve dans l’intimité. La rue, le centre d’achat et le métro ne devraient pas alimenter les esprits tordus.

Prends le droit du confort. Tu marches, manges, bouges ton diaphragme. Ton droit de confort est là. Tu as la permission de laisser respirer ton corps, de profiter du dehors, du dedans, avec tous tes membres. Les bras au repos; les bras en l’air. En étirement. En allaitement. En une démarche rapide. En une danse. Quoi que tu sois, laisse-toi être. Les bâtiments ne sont rien, ne sont pas à toi, mais ton chandail, oui. Tu as payé le tissu : il t’appartient.  Pour avoir – payer. Tu peux te promener autant que tous, confortable. Prends le droit de ton corps entier.

Que tes seins soient 32, 36, de toutes les lettres de l’alphabet, qu’ils aient été achetés ou non, que les petits motifs de cœur soient dont cute sur les bonnets, il n’en demeure pas moins que ta poitrine, ta peau, tes formes de toute nature sont une beauté qu’aucune Senza ne pourra jamais égaler. C’est la vôtre. Comme un grain de beauté sur la bouche, des veines lumineuses, des tics de main. Votre punctum.

Porter des cerceaux de soutien-gorge garde le cœur en cage.

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Billie-Anne Leduc

Crédit photo – Couverture

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