Sans malice et sans promesse

Je l’ai vu arriver souriant, charmeur et sympathique. Lui, le sentiment qu’à partir de ce moment, tout allait bien se passer. Bien installée dans mon fauteuil à la bibliothèque, les pieds bien accotés sur une petite table, face à la rue surplombant la ville, à mes côtés une petite (énorme en fait) pile de livre que j’allais emprunter, tout allait bien, je le sentais. J’étais sereine. À cet instant, j’étais bien. Parce que pour vrai, le sentiment de plénitude qui m’avait envahie à ce moment-là a tendance à revenir souvent et à partir dans un coup de vent. Comme si couchée sur la plage sous le soleil, les nuages me bloquaient de temps en temps les doux rayons du soleil. Je ne vais pas vous cacher qu’il est difficile de profiter du soleil lorsque l’on sait que bientôt, un nuage va passer et nous l’enlever pour une durée indéterminée. Je suis loin d’avoir des pouvoirs prémonitoires qui me permettent d’affirmer que : « Oooouuuuuh dans trois jours, le vent de la chance va tourner en ma faveur. » Sérieusement, je sais pas du tout comment les prochaines semaines de ma vie vont se dérouler. Mais j’ai appris à vivre avec ce fait et, étonnamment, à aimer ça. Le charmeur de la plénitude qui nous ensorcelle de temps à autres est sans faille et sans défauts. C’est pourquoi on se laisse facilement bercer dans ses bras réconfortants. Sans malice et sans promesse.

Souvent, pendant notre vie, on s’est fait demander ce que l’on voulait faire dans la vie et vers où tout cela allait nous mener. La question classique des partys de famille et des orienteurs scolaires, comme s’ils s’étaient concertés dans l’ordre de l’univers pour que peu importe que tu sois à l’école ou au réveillon, la question nous revienne en pleine face. Cette question, autant pleine d’espoirs que de barrières : « Qu’est-ce que tu veux faire dans la vie? »

Aujourd’hui, alors que je suis de retour dans ma ville natale après trois ans d’exil pour des études collégiales, je l’ai vu revenir plein d’assurance. Je l’ai vu arriver souriant, charmeur et sympathique. Lui, le sentiment qu’à partir de ce moment, tout allait bien se passer. Cette fois-ci, j’ai décidé de ne pas me laisser prendre au jeu. De ne pas le voir comme un malfaiteur qui m’offre l’impossible. J’ai retiré ce masque de son visage pour le voir tel qu’il est sensé être : l’espérance pure que demain sera meilleur. Que peu importe le nombre de nuages qui bloqueront les rayons du soleil, il y aura toujours la promesse d’une éclaircie. S’ajoute la paisible espérance que sous ces nuages, peut-être pourrons-nous voir quelque chose que le soleil nous cachait de ses rayons éclatants.

Et la pile de livre continue de grandir puisque demain continue d’être possible.

Sans malice et sans promesse.

Avec espoir et audace.

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Ariel Boisvert-Hayes

Crédit photo – Couverture

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