Amblyope

Le truc, c’est que je ne veux pas over-dramatiser la situation. J’ai lu quelques articles sur le sujet et certains signes « matchaient », tandis que d’autres, non.

Alors, voilà.

Il ne semblait pas se soucier de mes émotions tant que ça. Il s’en souciait vraiment moins qu’avant. On aurait aussi dit que je n’avais aucune raison valable de me sentir mal. À chaque fois que j’exprimais mes émotions et ce qui n’allait pas bien, il me disait juste « ouin ». Lorsque je me plaignais sur quelque chose, il me disait seulement « bon, bon, bon », surtout lorsque je lui pointais ce que je n’appréciais pas de ses agissements envers moi. Parfois, on avait des discussions assez profondes sur des sujets de la vie, et c’était lors de ces moments qu’il s’ouvrait un peu plus sur lui-même. Il me détaillait ses pensées qui le tourmentaient. Il me disait que j’étais la seule personne à qui il disait tout ça et que je le serais pour un bout de temps, parce qu’il éprouvait de la difficulté à en parler aux autres. Il me disait qu’il pensait parfois à nous, qu’il nous imaginait vivre ensemble. Par contre, il n’arrivait jamais à en tirer des conclusions. On s’est donné énormément de chances, principalement parce que je tenais à lui, mais aussi parce que je croyais qu’il avait besoin de moi, et parce que je l’aimais. Choses qui, au fond, se révélaient être fausses. J’avais trop de doutes par rapport à lui et à nous. Je me suis rendu compte que je ne voulais pas être en couple avec lui et qu’il ne répondait pas à mes attentes. Je le connaissais bien. Je savais comment il allait agir. Rien ne me surprenait de lui, rendue à ce point.

Il me complimentait, mais rarement. Et il n’hésitait pas à me dire si quelque chose lui déplaisait chez moi, que ce soit physiquement ou mentalement… par exemple, mes cheveux et un de mes tattoos. Il m’a « choké » au moins cinq fois. À chaque fois, il s’inventait une excuse de dernière minute. Il savait que ça me décevait, et je suis certaine qu’il s’en réjouissait. Il me parlait des filles qu’il fréquentait, comme si moi, je m’en foutais. Il m’a fait croire qu’il avait couché avec l’une d’elles, sachant que j’allais être jalouse. Il m’a dit qu’il avait un kick sur une de mes bonnes amies et il n’arrêtait pas de me parler d’elle, de me dire qu’il la trouvait jolie, sachant que moi, j’étais aussi jalouse de ça. Apparemment, quand je l’étais, c’était drôle. Il voulait que je « pogne » les nerfs, des fois, pour dire des choses méchantes, mais je résistais, et ça ne lui plaisait pas vraiment. Il m’a déjà dit que j’avais une grande gueule. Il ne s’est jamais excusé. Il me demandait souvent si j’étais fâchée après qu’il m’ait blessée. C’est comme donner un coup de poing à quelqu’un et lui demander si ça lui a fait mal. WELL… OBVIOUSLY. YOU TWAT.

On s’est toujours parlé exclusivement sur Facebook. Il refusait de me voir en personne, en vrai. Par contre, on se croisait à quelques reprises à son travail. On se disait « salut », rien de plus. On ne s’est jamais parlé à l’école. En tout cas, non par volonté. On était amis sur Facebook, mais il m’a enlevée de sa liste d’amis après une dispute et il ne m’a jamais rajoutée. Je lui envoyais des demandes, mais il ne les acceptait jamais. Il regardait mon profil en douce; ça, je le savais. Il a déjà parlé de moi à sa mère et à son meilleur ami, mais qui sait si cela est vrai? Encore une tactique pour me faire sentir spéciale et d’une potentielle grande valeur à ses yeux… Il est venu chez moi seulement une fois, un dimanche, le 22 avril 2014. C’était une visite spontanée. Je ne sais pas ce qui l’avait poussé à se déniaiser comme ça.

Il me disait qu’il tenait à moi seulement lorsque les choses allaient mal entre nous et que je décidais de le quitter. À. Chaque. Fois. Autrement, il ne m’en faisait pas part. Il aimait quand je lui parlais de moi. Il pensait qu’on était des âmes soeurs. Il me disait que je lui manquais, qu’il pensait toujours à moi, qu’il y aurait un manque dans sa vie si je n’étais pas là. Le truc, c’est qu’il aurait été prêt à m’abandonner n’importe quand. Il préférait quitter au lieu de se battre. Je lui ai fait remarqué qu’il revenait toujours vers moi quand on se chicanait et il m’a dit: « ON S’EN FOUT ! »

En lui donnant toutes ces chances, je le savais, que je me faisais du mal. Je le savais parfaitement, entièrement, totalement (et tous les adverbes que tu voudras). J’ai essayé d’y mettre un terme plusieurs fois… Deux semaines et on se reparlait. C’est arrivé de cinq à six fois. On se parlait, on ne se parlait plus, on se reparlait, on ne se reparlait plus. Et ça, pendant peut-être 1 an et demi, à partir du 1er janvier 2014, le jour où tout a commencé. Du jour au lendemain, il avait arrêté de me parler pendant sept mois, en ne me donnant aucune raison. J’ai essayé de le rejoindre, je lui ai envoyé plusieurs messages, j’ai demandé à son meilleur ami s’il avait reçu de ses nouvelles: rien.

Il est revenu me parler. Il m’a dit qu’il voulait essayer de m’oublier.

1er septembre 2015

Je ne savais pas quoi lui dire. Je suis nulle pour faire des adieux. Comment on dit « adieu », de toute façon? Est-ce que ça s’apprend par un tutoriel sur YouTube?

Cette journée, où j’ai décidé de tout quitter, j’avais peur. J’étais dans mon lit et j’avais peur qu’il vienne me voir chez moi, puisqu’il connaissait mon adresse. J’avais peur qu’il vienne m’espionner ou, pire encore, me menacer. Mon angoisse n’a pas duré longtemps. Par contre, à chaque fois que j’arrive de l’école, je regarde encore et toujours s’il n’y a pas une voiture inconnue stationnée devant chez moi. Il m’avait dit qu’il allait me faire des visites, des fois, sans que je m’y en attende. Une autre affaire pour me faire capoter.

J’ai l’impression de ne plus le connaître. J’ai l’impression d’avoir vécu dans un mensonge, dans une grosse joke. J’éprouve de la difficulté à discerner ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas dans tout ça. Mais, j’aime me dire que tout était faux; c’est plus simple. Je ne veux même pas chercher à savoir la vérité. J’en ai par-dessus la tête. Je sais que d’autres personnes l’auraient envoyé « péter dans les fleurs » depuis un bon, bon bout de temps. Seulement, je suis généreuse. Je ne juge pas les gens au premier regard ou à la première erreur. Mais lui, j’aurais donc dû.

L’amour rend aveugle.

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Dorothée Laberge

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Révision effectuée par Aurélie Bolduc

Crédit photo – Couverture

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