L’amour à distance (partie 1)

Tu l’as peut-être déjà vécu, tu le vis peut-être présentement ou si tu es chanceux, tu l’as peut-être même vaincu et puis, si tel est le cas, je suis plus qu’heureuse pour toi.

J’parle pas des 30 kilomètres qui peuvent séparer deux amoureux un soir sur deux, j’parle de la distance, la vraie. Lorsque je parle de distance, je parle de celle qui empêche deux tourtereaux de se regarder dans le blanc des yeux lorsque ça ne va pas ou de se laisser à presque chaque soir sur un : « À demain, mon amour ! »

Prépare ta chanson d’amour tristounette préférée, une couverture ben ben douce et du chocolat, juste au cas où, t’sais.

L’amour à distance, bien que de plus en plus fréquent de nos jours – merci aux réseaux sociaux – reste tout aussi douloureux. Parfois, il arrive que ce soit par le biais d’amis communs, d’un swipe à droite sur une application bidon ou bien lors d’une soirée un peu trop longue sur un quelconque réseau social qui nous y mène. Dans tous les cas, c’est un jeu dangereux, une épreuve et pas qu’une petite.

Pour ceux qui se prêtent au jeu, naïfs et remplis d’espoir, il devrait exister un manuel d’instructions, ou du moins un quelconque panneau d’avertissement pour les avertir de la panoplie d’émotions, de défis et de nuits blanches qui s’en viennent, car bien franchement, personne ne s’en sort indemne.

« Attends un peu, ça bug, peux-tu répéter s’il-te-plaît? »

Cette phrase-là, tu l’as probablement entendue un nombre incalculable de fois. Et ça, c’est difficile. T’sais, les fois où tu trouves le courage de dire toutes ces petites choses mignonnes, que l’internet lâche et que soudainement, tout ça te semble beaucoup moins romantique?

Ouain.

Ton calendrier, il y a probablement tout plein de « x » dessus. À chaque jour qui passe, tu le regardes. Tu le fixes, l’air un peu absent, en tentant de te souvenir de l’effet que ça te faisait de tenir sa main, de l’entendre rire à l’une de tes blagues poches, ou bien de t’endormir à ses côtés, même si elle t’empêchait de dormir avec ses ronflements.

À chaque jour, tu comptes le nombre exact de mois, de semaines, de jours, d’heures et de secondes avant que ton regard croise à nouveau le sien. Que tes lèvres dansent à nouveau avec les siennes, ou que tu puisses l’avoir assez près pour arriver à sentir le parfum qu’elle porte, celui qui te fait capoter. Tu sais duquel je parle, hein?

À chaque jour, tu t’endors en te demandant si elle aussi pense un peu à toi de loin. Et puis, si t’es chanceux dans ta malchance, tu vois la lune en même temps qu’elle, puis le soleil aussi, même si elle a les deux pieds dans le sable chaud et que toi, tu as les pieds détrempés dans les bottes de neige que ta mère t’as achetées y’a deux ans. Sinon, c’est encore plus complexe.

Bonne nuit? Bon matin? Tu ne le sais plus trop. Si la distance est assez grande, il est fort possible qu’au moment où toi tu regardes les étoiles, qui ne brilleront jamais aussi fort que celles dans ses yeux avant de dormir, eh ben, le soleil soit assez haut dans le ciel pour l’empêcher de dormir les cinq minutes de plus qu’elle passerait à rêver à toi, et puis ça, c’est mêlant. Dans ces cas-là, les fois où vous trouvez du temps pour parler, les minutes passent si vite. Le temps est devenu ton véritable ennemi ! Tu as probablement passé plusieurs nuits blanches, ou mis plusieurs alarmes sur ton téléphone à des heures pas possible, juste pour l’appeler et lui dire que tu penses à elle à une heure qui fait plus d’allure de son bord que du tien.

Le travail, tu dis? C’est ta nouvelle maison. Pour ceux d’entre nous qui ont des billets d’avion, de train, de bus ou tout simplement de l’essence à acheter pour retrouver le confort dans les bras de leur douce moitié, le boulot est une seconde maison. Avec le coût de la vie, en constante augmentation, rien n’est donné. L’amour a un prix ! Que ce soit pour le 140 $ d’essence aller-retour à chaque weekend ou pour le 2 000 $ de billets d’avion à chaque mois, tu te défonces au boulot, tu es fatigué, mais la seule pensée de te retrouver à nouveau en sa présence, d’autant plus précieuse, te suffit pour tenir le coup. Il arrive parfois que tu n’aies qu’une seule envie : rentrer chez toi. C’est normal, car c’est là que tu devrais être à 11 h 47, un lundi soir. Mais encore là, tu mets les bouchées doubles en t’imaginant courir vers elle en sortant de ta voiture le weekend suivant, ou en sortant d’un vol de 12 heures dans quelques semaines, voire quelques mois. Tu n’as plus le luxe de « caller malade » ou d’échanger ton chiffre de 10 heures avec Tatiana, ta collègue, pour le sien qui ne dure que 5 heures. Tu n’as plus d’excuses, du moins, t’en as une bonne pour faire ton shift, même si ton boss te fait chier.

Ton amie revient de voyage. Elle a la peau dorée et se plaint, tout ça parce que sa douce moitié n’a pas pu se libérer pour la septième soirée consécutive. Toi, la seule couleur que tu as, c’est le vert de la jalousie, car pour toi, toutes ces petites choses comptent énormément. Elle regarde son téléphone, te le montre et te dit : « My god, mon chum n’arrête pas de m’écrire. Ça gosse ! » Toi, à chaque texto mignon, tu prends un screenshot pour toutes les fois où vas t’ennuyer, douter ou avoir besoin de cette petite dose de love qu’elle prend pour acquise.

Tu vas te promener dans la rue et tu auras le cœur qui va se serrer un peu plus à chaque fois que tu verras deux amoureux se tenir par la main, échanger un regard amoureux ou un autre baiser. Pour toi, ces petites choses-là sont ce qu’il y a de plus précieux; un luxe que tu as rarement la chance de t’offrir. À chaque fois, tu souhaiteras à ces amoureux qu’ils réalisent la chance qu’ils ont, celle que tu n’as pas, celle que tu as rarement, celle que tu as à chaque « x » sur le petit calendrier que ta grand-mère t’offre à chaque Noël.

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Maïna Bélanger

Crédit photo – Couverture

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