On y était presque

Deux routes différentes.

Une en provenance des terres québécoises, l’autre déjà construite sur les richesses ontariennes.

Deux routes différentes qui se croisent, comme si elles étaient destinées à faire un petit bout de chemin ensemble.

Une route qui semblait parfaite pour accueillir une route un peu plus abîmée.

Un petit bout de chemin qui avançait bien, un peu trop bien.

Pas de nids de poule, pas de fissures, juste de la belle asphalte neuve.

 

On a décidé d’embarquer dans la même voiture, pour voir où ça allait nous amener.

Juste pour rire, juste pour voir.

Juste pour savoir si nos yeux allaient se croiser dans le rétroviseur.

Juste pour voir si nos mains allaient se frôler.

Juste pour voir les beaux paysages que les cantons anglais nous offrent lorsque l’on dévie nos têtes légèrement du côté gauche de la route.

 

La route était calme.

Paisible.

Aucune sensation de vertige.

C’est comme si les roues flottaient sur des nuages.

 

On voulait aller voir plus loin.

Voir ce qui cachait là-bas.

Ça avait l’air si beau.

Aussi beau qu’un rêve.

 

La route nous semblait longue, mais on s’était dit qu’elle en valait la peine.

La destination ultime semblait à portée de main.

Des paysages à couper le souffle.

Des flocons de neige tombaient sur la vitre givrée par les froidures hivernales.

 

Tu as pris le tournant à droite, pour t’arrêter à la halte.

Tu ne m’as pas dit que tu voulais prendre le tournant.

T’as mis ta main sur le break à bras.

T’as arrêté la voiture.

Tu m’as regardée avec tes beaux yeux bruns.

J’ai vu des couleurs qui n’existaient pas.

Du brun, pas juste brun foncé, mais avec des nuances brunes-noisettées-sur-les-coins.

 

T’as fait demi-tour.

Sans rien dire, sans me prévenir.

Tu t’es rendu compte que la destination finale n’était pas la même pour toi et moi.

Tu ne voyais qu’un mirage.

Je voyais des possibilités infinies.

Tu m’as ramenée au point de départ.

Tu es parti vers l’est.

Je suis restée figée.

Je t’ai regardé partir.

J’ai regardé ta voiture s’éloigner.

Je l’ai vue s’effacer avec l’ombre que tu laissais derrière.

 

« On y était presque », ce sont les mots que je me suis dit lorsque nos chemins ont décidé de reprendre chacun leurs routes respectives.

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Noémie Perreault

Crédit photo – Couverture

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