Swing ta vie

Jamais sourire n’aura été aussi grand que celui étirant mes joues en train de danser le Rockabilly Jive.

Mon corps est – présent.

En tant qu’intellectuelle endurcie, le simple fait d’être là, vivante, guidée, dansée, m’offre une douce pause de ma tête qui elle, tourne 24/7.

Un lundi soir, je suis tombée sur ce remède qui guérit les nuages cérébraux : voilà une bulle où aucune pensée ne traverse la barrière. Le temps n’existe plus, il n’y a que la chanson de style rockabilly (Bill Haley and the Comets, Johnny B. Goode). Cet amour, je l’ai découvert absent de jugement, 100% amusant et sécuritaire quant aux intentions cachées.

La danse pour la danse.

Par un lundi soir ennuyeux, je me suis rendue à une « soirée rockabilly » au Refuge des brasseurs, organisée par l’école de jive sherbrookoise Estrie Rockabilly. Et j’ai vu.

Le jive, ça te permet de découvrir tout plein de yeux, de connecter un bref instant avec un inconnu : un sursaut d’âmes ensemble. Puis, chacun repart de son côté, rencontrer d’autres humains. D’abord, il y a le pas de base, un peu sautillant, enjoué, parfois sexy, et toujours singulier à la personne. Il y a la base, puis ce que tu y mets ensuite. Les mouvements sont infinis – tant que demeure cette connexion des mains qui s’attirent, se repoussent, s’attirent à nouveau.

Il est possible de connaître une part de l’autre seulement avec le mouvement de sa main. La connexion est-elle ferme, sûre, douce, suave, incertaine ? Sur une musique rythmée de style rock n’roll, swing ou blues, le rockabilly jive se danse sur quatre temps, avec rapidité et sautillements.

Le couple n’est pas miroir, chacun possède ses propres pas.

Les leads décident, prennent l’initiative, font tourner les follows. Cela peut sembler inégal dans les genres, mais n’oublions pas son origine puisant dans les tréfonds du patriarcat des États-Unis d’Amérique des années 1950. Aujourd’hui, des hommes-follow et des femmes-lead sont tout à fait possibles.

D’autres sortes de danses connexes sont observables dans la région estrienne, par exemple, au « mardi swing » du Boquébière. Là, on y danse aussi le Lindy Hop, danse d’autant plus vieille, ayant vu le jour à Harlem, mélangeant mouvements seuls et en couple. Aussi, le West Coast Swing, qui laisse place à l’improvisation, lente et joueuse.

Autour de moi, l’amusement est partagé : certains aiment le mouvement, la pratique et l’oubli, d’autres ne parviennent pas à vider leur tête de tous ces « que vont-ils penser de moi ? ». À ceux-là, je reprécise le point : ne pas penser ! C’est presqu’une spiritualité. Dans ces soirées, la compétition n’importe pas; le jugement n’a pas sa place. Certes, des confusions surviennent, mais c’est du rire, du mignon. Tout s’entremêle, de la fusion au tourbillon, de l’énergie au néant, alors que les corps se meuvent pour mieux vivre. Les introvertis sortent de l’angoisse; les extravertis ont l’ampleur du choix social et de l’attention.

Tous peuvent danser – planer.

Keep calm and jive.

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Billie-Anne Leduc

Crédit photo – Couverture

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