Absurde

Tout semble si absurde. Comme si toute chose environnante perdait son sens. L’air devient lourd, la lumière devient bloc de glace et tout ce qui semble matériel apparaît comme un voile de fumée opaque. Notre regard se perd dans les branches d’un arbre qui semble surréaliste. On se sent flotter, comme dans le vide de l’espace; froid, silence et légèreté. « Pourquoi » devient alors un état et non une simple question. La signification profonde de tout se perd en un énorme tourbillon qui ne se lasse jamais de tourner. Un tourbillon qui nous enveloppe autant qu’au moment où l’on se cale au plus profond d’une piscine. Sous l’eau, cette immensité qui nous entoure sans nous écraser. Ce sentiment d’être ailleurs, mais juste à côté. Cette absurdité devient complète. Plus on y pense et plus elle se concrétise dans notre questionnement.

Pourquoi est-ce que rien ne semble se placer? Pourquoi le tourbillon ne cesse-t-il de tourner? Pourquoi le soleil, si chaud, ne nous réchauffe-t-il pas à perpétuité? Pourquoi se poser autant de questions? Pourquoi? Pourquoi.

Ne devrions-nous pas profiter de cette absurdité pour y voguer sans fin et sans entraves? Ne pourrions-nous pas orchestrer cette absurdité et y participer? Ne serait-ce t-il pas plus facile de devenir l’ambassadeur de ce non sens hebdomadaire? N’est-ce pas plus simple de se dire que dans ce fond de piscine ou d’espace, cette solitude nous rend invincible? Seul personnage intervenant dans tout ce qui lui est intrinsèque. Maître de faire tous les choix afin que son âme se mélange à l’absurde afin d’y trouver le confort du non-écrit. Jamais au grand jamais, nous ne poserions de questions sur la justification profonde de nos actes. Jamais le doute ne nous emparerait encore le coeur, le serrant de ses mains glacées, nous tordant de même l’estomac.

À toujours, il nous sera possible de suivre l’absurde de nos coeurs, car là y réside le plus grand non-sens. L’absurde qui réchauffe et qui console. Ce flou rassurant qui nous permet d’avancer sans peur. Nous irons sans doute vers l’inconnu, mais ces rivages mystérieux sont tout de même la raison de notre voyage en ces flots tumultueux. Nous irons sans crainte, car la crainte est commune alors que notre destin est absurde, imprévisible.

Pensons à cet absurde. J’y pense souvent. Il me tord le ventre. Me casse la tête. Mais c’est cet absurde qui me permet de décrocher de ma course parfois linéaire. L’absurde, c’est ce pied que je pose hors du sentier vers l’inconnu. C’est cette respiration saccadée de ma course dans l’univers. C’est ce moment où, en pleine forêt, on est seul. Ce moment où tout semble si absurde. Et dans le bon sens, on l’accepte.

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Ariel Boisvert-Hayes

Crédit photo : Couverture

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