Plomberie et talons hauts

La robe longue remontée jusqu’à la taille, le maquillage automnal recherché – ce qui inclut des lèvres de déesse, merci Candy K -, les talons hauts laissés à l’abandon sur le bord de la porte… et les deux mains dans la tuyauterie de ma toilette qui a décidé que mon look de soirée manquait un peu d’eau de toilette – Nailed it!

Girl power, hein?

Prends ça, toi, misogyne dans l’âme qui a dit que les demoiselles ne pouvaient pas se salir les mains.

Mords ça, toi, fuckboy qui défile les filles sur Tinder sans même lire la description. De toute façon, elle est trop fat, trop fake, trop naturelle, trop blonde, trop… tout !

Réfléchis, toi, wannabe mâle alpha qui me crie dans la rue « Hey Baby! » comme si tu étais Danny Zuko et que ta bande allait surgir d’une décapotable rouge vif, enroulée dans une surdose de cuir pour te chanter a capella ô combien ton intervention te rend viril.

Prends ça, toi, humain qui a osé me faire sentir comme un objet, comme si j’étais un vagin sur deux pattes, sans brain. Il y a tout de même pas mal de chances que je te plante à Génies en herbe.

Mange de la poussière, toi, mâle baraqué qui cherche à attirer mon attention en poussant un sifflement salace, comme si c’était moi la bête entre nous deux. Sérieusement?

Alors voilà, du haut de mes sept pieds onze pouces – divisé par le multiple de Pi, évidemment -, je suis la preuve vivante du contraire. Moi, pimper jusqu’à l’os parce que les beaux vêtements et les looks élaborés, ça me parle. Le beau, ça me parle. Mais pas pour plaire au monsieur qui va me payer des shooters de tequila au bar en espérant mettre un pansement sur sa solitude ce soir. Pas pour me faire catcall dans la rue, parce que OH MON DIEU, c’est le plus beau compliment de ma vie et je veux devenir la femme au foyer du mec sur le coin de Sainte-Catherine. Pas pour me sentir mieux avec moi-même, parce que oui, très cher, je suis capable de m’aimer en vieux pyjama de Charlie Brown, les cheveux en bataille et sans maquillage.

Donc toi, oui toi, celui à qui le chapeau fait – il est gros le chapeau en passant, aussi gros que le sac de Mary Poppins. Je te parle encore.

Sois donc beau, pis tais-toi pour faire changement.

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Camille Miousse

Crédit photo : Couverture

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