Quand on faisait juste s’rejoindre à fin d’un shift

Je vous mentirais en vous disant que tout ça ne me manque pas, les girls. Vous me manquez toutes anyway. Nos niaiseries me manquent, nos rires, nos soirées que j’vous disais de sauter par là ou de courir avec moi. T’sais, vous me comprenez quand je dis ça. Quand on s’écoutait chialer sur notre propre sang, du genre ta mère, mon père, ton frère ou bin ma soeur. Criss que ça me manque, dans l’fond.

Pis faut s’dire qu’en fait, on l’faisait sans s’en rendre compte. Parce que t’sais, au fond, on s’disait tout. C’était l’bon vieux temps.

Je devrais vous dire que vous me manquez, que ce temps-là me manque à m’en grafigner l’coeur si j’y pense trop. J’peux pas vous dire ça; je suis trop orgueilleuse.

Toi, ça me manque tes petits messages textes cute pour aucune raison. Pis toi, ça me manque de manger du Normandin, le coeur souvent en miette, sur ton lit. Ah pis toi ! Je ne t’ai pas oublié, mais ça me manque nos balades pis les moments où j’devais te sortir de toutes les situations inimaginables dans lesquelles je t’avais foutu avec moé.

Ouain, ayoye que ça me manque…

J’sais que les gens changent, j’suis pas conne. Moi, là première. J’ai fait mon mind cleaning pis ça l’a fait du bien, crois-moi. J’vais être bin honnête; vous auriez pu changer en bien ou en mal, j’aurais fait avec, en autant que vous auriez resté les personnes que vous êtes et pas la personne que quelqu’un veut que vous soyez.

T’sais, j’me dis que tout le monde change à un moment donné. Vous allez peut-être me trouver naïve pis nounoune, mais j’me dis qu’on aurait pu changer, se transformer et devenir qui nous sommes en ce moment, mais toutes ensemble.

J’ai été capable de m’imprégner de vous, les girls. Dans l’bas de mon corps, une forme discrète qui signifie tout, ou plutôt qui signifiait tout. J’espère que vous y pensez des fois encore, que ça vous fait sourire. Peut-être même que vous vous demandez : « Pourquoi? »

Come on, girls ! J’espère au moins que ça vous tord un peu le coeur, que ça vous fait autant mal que ça peut m’en faire à moi lorsque j’suis seule et que j’regarde les bouts de papier maladroitement accrochés sur mon mur avec vos grosses faces dessus.

J’dis pas que c’est la fin du monde. J’dis pas non plus que c’est la pire chose qui soit. J’dis juste que la cicatrice de votre absence guérira jamais vraiment, j’crois.

J’ai le coeur dur – bin j’pense, en tout cas. Je suis faite tough et vous aussi.

But let’s have a real talk. On est peut-être pas aussi tough qu’on le prétend pour être partie chacune de notre bord.

On voulait pas s’avouer que c’était pas juste un au revoir, mais un foutu adieu.

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Emmy Drouin

Crédit photo : Couverture

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