Beau

Pour moi, le beau, c’est partout. Même ce qui est laid peut être beau – si c’est assumé, par exemple. Ou si c’est libre, aussi. Ce qui est beau à mes yeux peut être laid pour quelqu’un d’autre. Par contre, je crois fermement que certaines personnes ont plus de facilité à voir du beau partout et je crois également que je suis une de ses personnes.

Quand j’ai d’la peine, c’est beau. C’est magnifique parce qu’après la peine vient le calme. Ma capacité à me rassurer moi-même, la rédemption, la présence des gens qui m’aiment, la paix d’esprit qui réintègre un esprit tourmenté, c’est une des plus belles choses que j’ai vues de toute ma vie. Un petit être fragile qui joue avec sa vie, qui rate son coup, mais qui resurgit d’une façon glorieuse juste après, plus vivante que jamais, c’est tellement beau que ça me sert la poitrine quand j’y pense. (Je sais que tu te reconnais en ce moment, petite chose. Je t’aime.)

Une famille soudée, comme la mienne, comme la tienne, c’est beau. Des gens différents, mais pareils en même temps, liés ensemble parfois sans même que le sang soit impliqué. Des êtres soudés par une force invisible.. Des énergumènes présents pour les autres dans les bons moments, comme les mauvais. De la compréhension, de l’amour, de l’écoute, du pardon et de la patience. Un débordement de beau. Un raz-de-marée. Après tout, Platon a déjà dit que c’est par l’amour qu’on découvre ce qui est beau.

Les amis, c’est également magnifique. Des gens qui te font parfois te demander ‘’Qu’est-ce que tu me trouves.. qu’est-ce qui fait que t’es encore là?’’ Tu peux leur dire de partir, ils resteront. Parce que les vrais amis comprennent les mots qu’on ne dit pas. Ils comprennent lorsque tu dis que ça va, mais que tout ton langage corporel crie le contraire. Ils comprennent avant toi tes réactions, ils voient venir les coups.

Mais, plus important encore et pourtant moins assumé, ce que je trouve le plus beau ces temps-ci, c’est ce qui se passe dans mon corps. Cette surprise de la vie qu’on avait pas vue venir. Cette balle courbe qu’on a attrapée bien malgré nous, un mardi matin gris d’octobre. Cette nouvelle qui a déstabilisé le moindre recoin de ma peau et de mon âme, mais qui est devenue, après de très longues discussions, une magnifique nouvelle. Ce petit bout de plastique qui m’a forcée à faire quelque chose que je ne fais que rarement : penser à l’avenir. Déplacer des meubles, compter les mois, prévoir, planifier. Attendre, espérer, avoir peur. Se sentir fort et faible à la fois.

Quand je vous dis que je vois du beau partout, ça veut dire que je vois même du beau dans le paquet de biscuits Soda qui traîne dans mon sac à main. Je vois du beau même si je sais que je vais grossir, que mes vêtements ne me feront plus, que je n’arriverai plus à attacher mes souliers. C’est beau tout ça parce que mon corps s’affaire présentement, 24 h sur 24, à faire la chose la plus difficile au monde. Mon petit corps fabrique un être humain.

Avez-vous déjà vu quelque chose d’aussi beau, vous?

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Par Marie-Michelle Girard

Crédit photo : Couverture

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