J’ai mal

J’ai envie de croire en un monde où le viol n’existe pas.

Un monde où la petite Annabelle pourrait vivre une relation simple et typiquement familiale avec son oncle Yvan. Un monde où Rosalie n’aurait pas peur de revenir à sa résidence universitaire à une heure tardive. Un monde où Félix n’aurait pas à subir les perversions de son enseignante de mathématique. Un monde où Emma se sentirait en sécurité.

Ce monde n’existe pas.

Le viol est présent, bien ancré dans notre société. Il ne se présente sous aucun sexe, aucune religion. Il est tout le monde, tout en étant personne à la fois.

Je ne vous apprends rien si je vous dis que le viol, en particulier la culture du viol, fait partie intégrante de notre actualité depuis quelque temps. Un phénomène de société qui banalise un crime au détriment d’une victime qui a eu le courage de faire entendre sa voix.

De nombreux commentaires sur le sujet se trouvent sur les réseaux sociaux.

Mes yeux saignent à chaque lecture.

J’ai envie de croire que vous ne pensez pas ces mots. Sinon, dites-moi à quel moment avons-nous perdu notre humanité?

« Elle a dû faire l’agace avec le gars et porter une robe courte qui ne laisse pas place à l’imagination. »

Depuis quand laissons-nous un vêtement déterminer ce qui est acceptable ou ce qui ne l’est pas? Celle avec le col roulé ne mérite pas d’être violée, mais celle avec la robe courte le mérite? En 2016, une femme devrait être en mesure d’afficher ses couleurs et d’être qui elle est, sans avoir peur que sa sécurité soit mise en péril.

« Un homme reste un homme. Tu ne vas pas détruire sa vie pour une erreur de parcours? »

Lui, a-t-il demandé la permission à sa victime avant de détruire la sienne? Les nuits d’insomnie, les crises d’anxiété, les pensées suicidaires, la douleur persistante qui lui tord le cœur? Du gros fun, peut-être? Non. La vie d’une femme vaut autant que celle d’un homme.

Pourquoi est-il si difficile de croire ces femmes et ces hommes dont l’intimité a été transgressée? Ce pourrait être votre fille, votre amie, votre voisin. On les montre du doigt, on les juge. De simples victimes traitées comme étant de véritables coupables.

Aujourd’hui, j’ai mal.

J’ai mal pour ces femmes, ces hommes.

J’ai mal en pensant à tous ceux et celles qui n’auront plus la force de parler.

J’ai mal en l’humanité.

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Par Amélie Goulet

 Crédit photo : Couverture 

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